Cameroun: Le nucléaire améliore la production du pays
Marie-Noëlle Guichi |Source Le Messager | Ajouté le 29/07/2009, 22:17

C’est ce qui ressort d’une rencontre internationale sur la science et la technologie nucléaires qui s’achève ce jeudi à Yaoundé.

Dans l’imaginaire populaire, les techniques nucléaires sont utilisées uniquement pour détruire, en cas de guerre. Une idée reçue, mais presque imposée par l’attitude des pays développés qui donnent l’impression de recourir au nucléaire, le plus souvent, à des fins militaires uniquement. Pourtant, les applications du nucléaire sont utiles dans des domaines aussi variés que l’agriculture, la médecine, la détection des fuites dans les barrages, la surveillance de la qualité de l’air, des eaux, des denrées alimentaires etc.

 

La 20éme réunion du Groupe de travail technique de l’Accord régional de coopération pour l’Afrique (Afra) sur la recherche, le développement et la formation liés à la science et à la technologie nucléaires qui se déroule au palais des congrès de Yaoundé depuis le 27 juillet 2009 a permis au public d’avoir une perception plus juste du rôle du nucléaire. Au Cameroun, apprend-on, l’utilisation des rayonnements ionisants (énergie nucléaire) est en pleine croissance. Ce, spécifiquement dans les domaines médical et industriel, où ces rayonnements sont très utilisés en radiodiagnostic, radiothérapie, en médecine nucléaire d’une part et, dans le contrôle non destructif, la diagraphie, les jaunes nucléaires d’autre part.

2000 vaches par semaine
Les responsables de l’agence nationale de radioprotection, Anrp, justifient l’attrait du nucléaire par son efficacité dans le diagnostic et le traitement des maladies, la prospection minière et l’amélioration des procédés industriels. Les statistiques de l’Anrp soulignent l’existence de 9 établissements industriels inventoriés dans la région du littoral et de 149 établissements hospitaliers utilisant les générateurs de rayons X et les sources radioactives au Cameroun.

 

L’impact le plus visible ici est l’amélioration du coût du traitement et du nombre de patients atteints de cancer et traités par des soins curatifs et palliatifs grâce à la radio-oncologie. Sur le plan de la sécurité alimentaire, un programme d’insémination artificielle des vaches à l’institut de recherche agronomique pour le développement, Irad, de Bambui dans le Nord-Ouest a permis d’accroître la production de viande et de lait, grâce aux techniques nucléaires. Avec cette méthode, un taureau produit de la semence réfrigérée pour 2000 vaches par semaine, ce qui, de l’avis des scientifiques, est impensable avec la fécondation naturelle. Selon Dr Bayemi Henri de l’Irad Bambui, les vaches traditionnelles donnent moins de 3 litres de lait par jour. Les vaches croisées par insémination artificielle produisent entre 8 et 15 litres de lait par jour. Cette technique a permis d’obtenir plus de 100 vaux de races améliorées en 2 ans.


Les applications du nucléaire au Cameroun favoriseraient également l’amélioration des cultures marginales telles que le manioc, le riz et la banane. La protection de l’environnement n’est pas en reste. Un projet de management de la pollution de l’air en zones urbaines est envisagé au Cameroun avec l’appui de l’Afra. Les méthodes d’analyse nucléaires utilisées dans ce cadre permettront d’obtenir des données pour élucider les sources de pollution et quantifier l’existence des zones polluées. Le projet, d’après Dr. Emadak Alphonse, devrait conduire à la formulation et à la programmation des stratégies nationales de réduction des effets néfastes de la pollution atmosphérique dans les zones industrielles importantes.


La 20ème réunion du Groupe de travail technique de l’Afra qui s’achève ce vendredi 31 juillet au palais des congrès de Yaoundé a pour but de chercher les voies et moyens permettant d’augmenter l’utilisation du nucléaire pour le développement de ses 34 pays membres, dont le Cameroun. Mécanisme intergouvernemental, créé sous les auspices de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea), l’Afra est entrée en vigueur le 4 avril 1990. Les experts et autres représentants des pays membres, réunis à Yaoundé dans le cadre de son 20ème anniversaire dont la célébration a été présidée lundi par les ministres de la recherche scientifique et de l’innovation, Madeleine Tchuinté et de l’enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, ont à cœur l’élaboration d’un nouveau programme Afra pour les deux prochaines années.

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