
Un document national de référence sera mis au point en matière de recherche sur les biotechnologies pour "donner des réponses concrètes sur les voies et moyens susceptibles de faire jouer aux outils de cette branche de la science leurs rôles dans la lutte contre la pauvreté notamment la sécurité alimentaire", a annoncé le directeur de la recherche sur les biotechnologies, Dr Ismaïla Diallo.
Dr Diallo s'exprimait lundi à Dakar à l'ouverture d'un atelier national sur "l'amélioration de la qualité et des performances du système de recherche en biotechnologies au Sénégal : biotechnologies et sécurité alimentaire, enjeux et perspectives".
Il a indiqué qu'avec ce document conseil, il s'agit "d'appuyer le gouvernement sur des bases scientifiques solides avec un document conseil sur les avantages et les inconvénients de l'utilisation des Organismes génétiquement modifiés (OGM) mis en place par les outils de la biotechnologie".
Les biotechnologies ont trait à l'utilisation dans l'agriculture des résultats de la recherche scientifique par la culture de tissu, la sélection assistée par marqueurs moléculaires, la production moderne de vaccins recombinants, entre autres technologies.
"Beaucoup de laboratoires travaillent dans le domaine de la recherche sur les biotechnologies sans quasiment aucune coordination, encore moins de complémentarité dans les actions", a-t-il souligné.
Aussi, en matière de ressources humaines, "très peu d'informations existent sur les profils réels existants et les domaines importants qui restent à couvrir pour constituer une masse critique capable de lever les contraintes au développement de l'agriculture nationale".
A cet effet, il a relevé l'absence de synergie qui ne favorise pas l'optimisation des maigres ressources, l'élaboration d'un tableau de bord précis, l'harmonisation des approches et la création de passerelles entre tout ce qui existe.
Ainsi, il a émis l'idée de la mise sur pied d'un pool d'excellence des universités pour "contribuer à mieux vulgariser les résultats de la recherche ".
La rencontre organisée par le ministère de l'Enseignement supérieur en collaboration avec l'Organisation islamique pour l'éducation, la science et la culture (ISESCO), devrait "permettre aux différents spécialistes dans le domaine de se retrouver et de réfléchir pour proposer une ébauche d'un plan d'action national sur la biotechnologie et la biosécurité".
En effet, a-t-il expliqué, "dans un contexte mondial caractérisé par une baisse tendancielle des productions agricoles, un changement de paradigmes en matière de stratégies de développement agricole s'impose pour les pays africains".
Il convient alors, a-t-il ajouté, de développer des technologies d'amélioration de l'agriculture peu exigeantes en intrants pour favoriser leur appropriation par des producteurs qui ont des revenus limités.
Parmi ces technologies, Dr Ismaïla Diallo estime que les biotechnologies constituent une "alternative crédible, viable et fiable susceptible de contribuer à la lutte contre la pauvreté à travers un accroissement important des productions agricoles".
Pour le conseiller technique du ministre de l'Enseignement supérieur, Tahir Diop, venu présider la séance d'ouverture, la rencontre entre chercheurs doit déboucher sur l'identification des "principales contraintes qui limitent l'impact des outils biotechnologiques sur le développement de l'agriculture".
Il a souhaité aussi dans le document de référence qui sera élaboré, de "dégager les perspectives pour une utilisation judicieuse des produits de biotechnologies, mais aussi d'identifier les mécanismes, surtout techniques, nécessaires à mettre en place en matière de biosécurité pour un contrôle de l'entrée et de la circulation des OGM dans notre pays".
La rencontre qui prend fin mercredi est organisée par le ministère de l'Enseignement supérieur, des Universités et des Centres universitaires régionaux et de la Recherche scientifique en partenariat avec l'ISESCO.